Elle n’est pas dans la norme, ils tentent de l’y ramener, avec tendresse et parfois une pointe d’agacement. Elle ne les comprend pas. Dépassée, elle se réfugie dans son monde, un monde imaginaire où tout est possible, peuplé de petits êtres étranges. Amis ou ennemis, ces personnages déroutants semblent bien s’accorder avec son esprit fantasque. Mais la fuite vers cet univers familier devient enfermement, l’alternance entre réel et imaginaire se détraque quand les petites maisons de carton deviennent un mur infranchissable.
Avec une dextérité hors pair, les comédiens manipulent l’illusion à loisir, créant des mirages qui brouillent les frontières entre le réel et l’hallucination, entre la norme et l’incompréhensible. Les marionnettes prennent leur autonomie et on ne sait plus qui manipule l’autre, qui est le plus biscornu. Avec Blick Théâtre, humains et marionnettes se renvoient la balle et bouleversent nos perceptions de l’étrange et de l’étranger. Ils jonglent avec les faux-semblants et nous entraînent dans un monde magique et déconcertant où la folie (Hullu en finois) est aussi inquiétante qu’envoutante.